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GUERRE D’ALGERIE:la dernière génération du FEU. Jean Charles JAUFFRET

GUERRE D’ALGERIE:la dernière génération du FEU. Jean Charles JAUFFRET
par Robert Djian

CouvertureL’association Les Amis de Bruno Etienne a le plaisir de vous convier le jeudi 4 février 2016, 18h15, à l’Institut d’Etudes  Politiques, 20 rue Gaston de Saporta , Aix en Provence, à la conférence donnée par Jean Charles Jauffret, Professeur d’histoire à SciencesPo Aix  : Guerre d’Algérie: la dernière génération du FEU.(en présence de témoins).

Cette conférence est faite à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage:La guerre d’Algérie. Les combattants français et leur mémoire. (odile Jacob)

 

Aboutissement d’une enquête de 21 ans auprès de mille témoins, fondé sur le croisement des sources disponibles (archives, fonds privés, témoignages publiés…) et une connaissance du terrain (Kabylie), cet ouvrage analyse sous forme de scanner mémoriel la dernière génération du feu, celle qui a connu et souffert pendant la guerre d’Algérie en faisant son devoir. La République y envoie ses derniers gros bataillons pour une ultime grande transhumance de direction plein Sud. Soit près de 2 000 000 millions d’hommes engagés pendant huit ans dans une guerre de décolonisation qui ne dit pas son nom, mais qui est aussi un conflit périphérique de basse intensité de la guerre froide. Elle laisse de multiples séquelles et blessures physiques, morales et psychiques.

Certes, l’essentiel de ces jeunes gens envoyés en Algérie, sans que la Patrie ait été proclamée en danger, est composé d’appelés et de réservistes (turbulents rappelés sous les drapeaux de 1955 et 1956, sous-officiers et officiers de réserve…) mais, pour la première fois, cette étude propose d’entendre aussi les professionnels, paras ou légionnaires qui n’ont pas la même vision de ce conflit âpre qu’ils estiment avoir militairement gagné. Ce sont ces sentiments mêlés, honte ou révolte, parfois contradictoires ou complémentaires, qui soulignent toute l’ambiguïté de ce conflit. Douloureusement vécue, cette guerre se terminant par une défaite morale et politique est aussi partagée, dans l’attente, l’angoisse, par ces fiancées, épouses et sœurs qui, elles aussi, font partie de la génération-Algérie. Percevoir les réalités d’un conflit qui ne cesse de hanter la conscience nationale malgré la reconnaissance officielle des termes de « guerre d’Algérie » en 1999, c’est découvrir selon les armes, les époques, les lieux, la formation intellectuelle des témoins, non pas une mais des guerres d’Algérie, tant les vécus sont différents. Gêneur qui empêche de commémorer en rond des porteurs de mémoires qui s’ostracisent l’un l’autre, l’historien ne peut que constater le traumatisme vécu par cette dernière génération du feu. A l’issue d’un voyage en Grande Kabylie, en avril 2015, avec un des grands témoins cités, puisse cet ouvrage achever de curée la plaie côté français et œuvrer à la réconciliation des deux côtés de la Méditerranée…

 

Professeur à Sciences Po Aix, où il dirige le département d’histoire et un master de recherches en histoire militaire comparée, Jean-Charles Jauffret est un spécialiste de la guerre coloniale, des troupes de professionnels et d’appelés et, surtout, des conflits afghan et algérien pour lesquels il a publié de nombreux ouvrages.